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Comme un rêve devenu réalité

Je m'appelle [...], j'ai 29 ans et suis amputée d'une jambe au-dessus du genou depuis près de douze ans. Je suis mariée à un garçon merveilleux depuis juin de l'année dernière et je suis [..] à [....].

Depuis environ cinq ans, je me suis intéressée aux fervents et ai essayé d'en apprendre le plus possible sur eux. J'ai appris leur existence lorsque j'étais en réhabilitation. Une brave infirmière aux allures maternelles me dit un jour : "Mon chou, il y a des garçons hors d'ici que tu vas vraiment intéresser." Je me disais : "C'est ça! Chauve, une seule jambe et maigre comme une planche à pain! J'aurai de la chance si je garde mon petit ami, qui me connaissait avant ma maladie." En fait, il me fut ravi par une meneuse de ban à deux jambes à peu près trois mois après mon opération. Après ma réhabilitation et depuis mon rétablissement, j'ai pensé plusieurs fois à ce que cette infirmière m'avait dit, mais je ne croyais jamais que ce fût possible. Je ne me doutais pas qu'elle avait tout à fait raison et qu'une jeune fille de dix-sept ans, essayant d'apprendre à se servir d'une prothèse, avait quelques autres choses à apprendre avant d'être complètement rétablie.

Durant ma dernière année d'école secondaire, j'ai eu quelques rendez-vous et j'ai même été à la fête de fin d'année, mais ce ne fut guère plus que quelques rendez-vous avec le même garçon. Un jour, je me trouvais dans une galerie commerciale avec une amie, quand je m'aperçus qu'un homme nous suivait. Mon amie a une belle prestance et attire toujours les regards des garçons. Je pensais donc que c'était elle qu'il poursuivait de ses regards. Je dus me rendre à l'évidence que ce n'était pas le cas quand mon amie et moi allâmes chacune de notre côté et ce fut moi que cet homme suivit dans un magasin. Quand je sortis de ce magasin, je me rendis dans la galerie et m'assis pour attendre mon amie. Lui sortit du magasin où nous étions et s'assit sur un banc en face de moi. Les questions qui me vinrent à l'esprit furent les suivantes : "Est-ce que c'est un de ces gars dont m'a parlé l'infirmière? Est-ce que je l'intéresse parce qu'il est évident que je suis une amputée ou y a-t-il autre chose en moi qui l'attire?" Je n'avais pas peur de lui et, pour être franche, j'aurais préféré qu'il traverse la galerie et vienne me parler. C'était un "gros matou", comme aurait dit à l'époque une fille en fin d'école secondaire. Il resta là jusqu'à ce que mon amie revienne, puis il nous suivit entre les comptoirs de magasin et finalement jusqu'à ma voiture. Il ne sortit pas sur l'aire de parcage, mais s'arrêta pour jeter un coup d'œil sur quelques vêtements pour hommes qui se trouvaient près de la porte. Peut-être était-ce parce que j'étais avec mon amie, peut-être aussi fais-je trop facilement confiance aux gens, mais je ne me suis jamais sentie menacée durant la première rencontre consciente que je fis avec quelqu'un qui, à mon avis, pouvait me trouver intéressante parce qu'il me manquait une jambe. Au vu de ce qui s'est passé récemment au Minnesota et en d'autres endroits, je ne serais sans doute pas aussi insouciante aujourd'hui.

Au collège [N.d.T. enseignement supérieur], j'eus des rendez-vous avec deux garçons qui, à mon estime, étaient des fervents. Ils ne se déclarèrent pas comme tels et ils pouvaient très bien ne pas en être eux-mêmes conscients. Mon impression provenait du fait qu'il était très difficile de tenir avec eux une conversation qui ne soit pas centrée sur les amputé(e)s, les prothèses, les béquilles et tous ces trucs-là. J'étais au collège à ce moment-là et désirais que les garçons m'apprécient pour ma personnalité, mon intelligence, mon apparence, mon sourire "enjôleur" ou mes grands yeux bruns. C'étaient de gentils garçons au demeurant et l'un d'entre eux avait l'air d'être tout fraichement descendu d'avion de Hollywood, mais je finis par leur dire, à tous les deux, que je ne voulais plus les voir. Quelqu'un aurait dû dire à ces garçons qu'ils devaient avant tout s'intéresser à la personnalité de la jeune fille avec laquelle ils sortaient et que la circonstance qu'elle fût amputée devait rester à l'arrière-plan. Les sujets relatifs à cette circonstance peuvent se présenter plus tard, quand l'amputée elle-même en fait mention et se sent plus à l'aise pour en discuter.

J'ai rencontré mon mari à une soirée que quelques professeurs avaient organisée. Ma meilleure amie est une enseignante dans le district scolaire où il travaille et elle m'avait demandé de l'accompagner et de la soutenir moralement dans ses essais d'attirer l'attention d'un autre professeur masculin célibataire. Quand nous sommes entrées dans la salle, mon mari était précisément occupé avec la cible de cette soirée et ils vinrent tous les deux s'entretenir avec nous. Il ne fallut pas très longtemps avant que mon amie et le garçon qu'elle venait voir s'éloignent pour aller danser. Je restai donc seule pour parler avec ce beau spécimen de mâle que j'imaginais certainement contraint à me tenir compagnie. Plus tard, j'appris qu'il avait, un mois auparavant, rompu une liaison vieille de deux ans. Il y avait un bar à la soirée et il me demanda si j'aimerais boire une bière. Je marquai mon accord, même si la bière n'est pas ce que je préfère. Il m'invita à le précéder au bar et la première chose que je me dis : "C'est ça! Il va voir comme je marche mal et il va s'évaporer, comme d'autres avant lui". Après qu'il m'eu donné ma bière, nous nous éloignâmes de la foule qui entourait le bar et nous parlâmes de choses et d'autres, jusqu'à ce qu'il me dise : "Qu'avez-vous fait à votre roue?" Je n'avais jamais entendu présenter cela sous ce jour et cela me fit rire. Je lui donnai une version résumée et, dans sa réponse, il s'inquiéta vraiment de savoir si tout était en ordre maintenant. Je lui dis que oui et il eut l'air vraiment soulagé d'apprendre que la maladie me laissait en paix depuis plus de cinq ans. Je dansai quelques danses lentes avec lui et restai à la soirée jusqu'à ce qu'elle se termine aux petites heures. J'étais un peu surprise de voir que mon amie n'était pas rentrée avec le garçon qu'elle était venue trouver, mais elle s'amena en fin de compte et me déclara qu'elle était prête à partir. Sur le chemin du retour, elle me raconta que toutes les femmes célibataires de la ville couraient après le gars avec qui j'avais passé la soirée. Elle me demanda s'il avait fait allusion à une autre sortie ensemble ou à une autre réunion de professeurs. Je lui dis que non et me demandai si mon unijambisme était la raison pour laquelle il ne m'avait rien dit. Cette nuit-là, dans mon lit, je priai qu'il voulût bien m'appeler et m'inviter à sortir avec lui. Je fus sur des charbons ardents dans l'attente de cet appel, jusqu'à ce que, le mercredi suivant, vers neuf heures du soir, le téléphone se mît à sonner et c'était lui! Il me demanda si cela me disait quelque chose d'aller diner ensemble, puis d'aller au cinéma le samedi soir suivant. Je lui dis oui et nous parlâmes pendant au moins une heure avant de nous retirer pour la nuit. Le jeudi soir, il vint sonner chez moi et m'invita à l'accompagner à un match de football local, suivi d'une réunion d'entraineurs et d'autre gens de l'école, chez l'un des entraineurs.

La suite de notre liaison a été comme un rêve devenu réalité pour moi. Il me traite comme une princesse. Je ne crois pas qu'il soit un fervent, mais cela me serait bien égal s'il l'était. Si je n'avais pas eu des échanges fréquents avec des fervents sur le site Internet Ampersand et par le biais de Yahoo! Messenger, je pourrais bien n'avoir jamais eu l'occasion de découvrir par moi-même que les fervents ne sont pas tellement différents des autres garçons, sauf dans leur conception du beau. Avant même d'avoir rencontré mon mari, j'avais décidé que je ne me soucierais pas de savoir si un garçon était fervent, aussi longtemps que je serais certaine qu'il m'aimait, moi "la personne intérieure" et qu'il n'était pas seulement attiré par quelque chose que j'ai, que peu d'autres femmes possèdent. J'ai parlé à des médecins, des avocats, des professeurs, des architectes, des vendeurs, des conducteurs de poids lourds et des hommes de toutes sortes de professions, qui reconnaissaient tous être des fervents. Ils m'ont tous traitée avec égards et ne me laissèrent aucun signe de la perversité que certains leur attribuent. J'ai une amie en Iowa, qui a passé du temps sur Internet à trouver tout ce qu'elle pouvait sur les fervents et qui finit par arriver aux mêmes conclusions que moi. Elle aussi s'est mariée avec un merveilleux garçon et m'a dit qu'elle se fichait pas mal de savoir s'il était un fervent ou pas.

J'ai constaté que les hommes amputés ont généralement les réactions les plus négatives à l'égard des fervents. Je ne sais pas trop si c'est de la jalousie ou bien s'ils considèrent que les femmes amputées devraient être attirées par eux en raison de la similitude des circonstances, à moins que ce ne soit, pour eux, une façon d'exprimer leur colère d'être eux-mêmes amputés.

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