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W & A: Un couple complémentaire

par J.

Chacun de nous a toujours rêvé d'avoir une relation amoureuse avec cette personne spéciale. Les chances pour qu'une personne handicapée et une personne attirée par ce handicap se rencontrent sont faibles. Pourtant, cela peut arriver comme le prouvent le couple W & K. L'homme, est un fervent et la femme, K., est amputée de la jambe gauche au-dessus du genou (LAK). Ils ont accepté de répondre aux questions d'Overground au sujet de leur vie en commun. Dans l'entretien qui va suivre, les questions adressées à W. sont signalées par QW et celles adressées à K. par QK. (Juste à titre indicatif, les réponses de W. sont en anglais et celles de K. sont traduites en anglais par W.)

W: J'ai 48 ans et cela fait environs 30 ans que je suis un fervent. Comme beaucoup, j'ai passé par les étapes habituelles et j'ai heureusement découvert assez tôt que je n'étais pas le seul. Durant des années, j'ai été en contact (souvent non personnels) avec d'autres fervents. Beaucoup sont des Etats-Unis et quelques-uns du Royaume-Uni. Je suis toujours en contact avec certains alors que d'autres sont malheureusement décédés entre-temps. Les personnes que j'ai pu rencontrer personnellement sont pour la plupart des gens aimables, sympathiques et intéressants que je n'aurais pas pu rencontrer autrement. J'aimerais en particulier mentionner le célèbre Dr Money. C'était un plaisir et surtout un honneur de le rencontrer personnellement. Je pourrais citer d'autres personnes mais je ne le ferais pas pour des raisons évidentes.

QW: Vous êtes vous déjà senti coupable par rapport à cette fervention?
RW: Oui, comme beaucoup. C'est comparable à une personne qui découvre qu'elle est gay.

QW: Avez-vous recherché dans les bibliothèques des informations sur d'autres personnes qui auraient le même sentiment?
RW: Oui, beaucoup mais il existe peu de documents sur le sujet. J'ai eu quelques pistes par exemple Freud, Enzenberger mais cela ne m'a pas mené loin. La plupart des informations provenaient de Penthouse (le courrier des lecteurs et les newsletters des Dixons - une expérience très intéressante). Ensuite Bette Hagglund prit le relais en fondant Fascination. J'ai également lu des articles écrits par le docteur Money. Il y avait aussi des choses intéressantes dans le magazine Mainstream, en particulier l'ancien sondage d'Ampix qui était très intéressant pour plusieurs aspects. Grant C. Riddle a aussi essayé de l'expliquer. Pourtant, même si je respecte son travail, je pense qu'il a fait fausse route. Je ne voulais pas découvrir si quelqu'un partageait mes sentiments (je savais que c'était le cas) mais tout simplement essayer de comprendre pourquoi. Jusqu'à maintenant, il y a eu d'étranges théories (parfois risibles) mais aucune réponse sérieuse. Finalement, j'ai laissé tomber. A quoi bon?

K: J'ai maintenant un peu plus de 40 ans et cela fait 23 ans que je suis unijambiste. C'est arrivé par accident et malgré toutes les choses qui en sont découlées, j'ai eu de la chance. J'ai eu d'autres blessures graves et pendant longtemps on m'a donné de la morphine. Ceci m'a évite de vivre ceux que d'autres amputés ont vécu. Après avoir quitté l'hôpital, on m'a directement transféré à un centre de rééducation où j'ai reçu ma première prothèse. J'avais des cours de réadaptation. J'y ai rencontré d'autres amputés et le temps que nous avons passé ensemble a été enrichissant. J'ai aussi des gens au destin beaucoup plus sombre que le mien. Comme je l'ai déjà dit, j'ai reçu de la morphine durant une longue période et, contrairement à d'autres personnes, je n'ai pas eu beaucoup de moments de dépression. L'environnement social a été un facteur important. Après ma sortie de l'hôpital, on m'a directement demandé de retourner à mon travail et je n'ai pas eu de problème avec mes amis ou ma famille. Finalement, j'ai repris mon travail en me débrouillant avec ma prothèse et ma canne. Peu de temps après, j'ai recommencé à travailler à plein temps. Tout se passait bien et j'ai fini par laisser ma canne chez ma grand-mère. Je me suis si bien adaptée et "reconstruite" que j'ai peu reprendre une vie normale. Une année plus tard, j'ai passé mon permis de conduire et j'ai acheté ma première voiture. C'était pour moi un pas définitif vers l'indépendance. Les prothèses ont aussi évolué et cela m'a beaucoup aidé.

QK: K, j'aimerais avant tout vous demander ce que cela fait d'être appelée une "LAK"?
RK: Contrairement à d'autres personnes, je ne me soucis guère des étiquettes. C'est peut-être un peu impersonnel mais qu'on le veuille ou non, nous sommes tous catalogués. Cependant, LAK, c'est ce que je suis.

QK: Pourriez-vous nous parler un peu plus de vous, de votre travail, des genres d'habits que vous portez ainsi que de vos passe-temps?
RK: Notre système éducatif est un peu différent mais disons que je suis négociante de vente en gros, j'ai travaillé dans le cadre supérieur d'une compagnie qui emploie environs 120 employés. Heureusement, je n'ai plus besoin de travailler. Concernant les habits, je porte surtout des habits féminins, toutes sortes de jupes, robes et j'adore les hauts talons. Je m'habille en fonction de la mode, l'occasion, le temps ou l'humeur. Je ne suis pas vraiment limitée dans mes choix vestimentaires. La différence de couleurs entre ma prothèse et ma jambe gauche est parfois un petit problème. Durant mon temps libre, j'aime aller conduire à l'étranger, manger quelques choses, éventuellement boire une Guinness. J'apprécie toutes sortes de musiques, voyager vers le nord, la Grande-Bretagne et l'Irlande.

QK: Préférez-vous parfois vous déplacer en public avec des béquilles?
RK: J'aime beaucoup cela mais je ne le fais pas très souvent. Cela dépend surtout du temps qu'il fait lorsque nous allons nous promener. Contrairement à d'autres personnes, je ne suis pas "spécialiste" dans l'utilisation des béquilles et je les emploie seulement quant je sors avec W. Avec mes béquilles, je me sens toujours handicapée parce que je ne peux pas employer mes mains pour ouvrir une porte par exemple et je dois m'occuper de mes béquilles. Malgré le fait que j'utilise surtout ma prothèse, je me sens vraiment libre en me déplaçant avec mes béquilles et c'est très plaisant.

QK: Avez-vous un pilon?
RK: Oui, j'en ai un. Il a été fait à partir d'une vieille prothèse. C'est très confortable, léger et très facile à employer. Il faut juste faire attention en s'asseyant. Je pense qu'il serait beaucoup plus facile pour les nouveaux amputés d'employer d'abord un pilon plutôt qu'une prothèse complète. On peut la mettre et très facilement commencer à marcher.

QK: Quand l'employez-vous?
RK: Seulement à la maison quand je dois faire certaines tâches ou juste pour le plaisir. C'est une impression différente car c'est beaucoup plus léger et facile à marcher avec. Je n'ose pas la porter en public à cause des regards.

QW: J'aimerais également vous poser les mêmes questions afin de vous situer.
RW: Par chance, j'ai pratiquement le même travail, négociant en ventes en gros (c'est comme cela que nous nous sommes rencontrés) et je suis spécialisé dans le marketing de vente et l'analyse. Naturellement, je n'ai pas de problème pour m'habiller et je porte un peu trop souvent des jeans à la place d'un costume. Durant mon temps libre, je m'intéresse aux ordinateurs, aux sujets en rapport aux fervents, à la photographie, la musique des années 60. J'aime aussi voyager en Grande-Bretagne, en Irlande et dans le nord surtout. Sans oublier une bonne Guinness ! Pour l'instant, nous avons eu la chance d'avoir des goûts similaires. Il n'y a pas dispute pour décider où partir.

QK: Pourriez-vous nous dire comment vous avez perdu votre jambe?
RK: Comme je l'ai dit, j'ai eu un accident de voiture. La route était gelée et glissante. Ma jambe a été arrachée.

QK: Etiez-vous dans une relation à ce moment-là?
RK: Oui, mon mari est décédé dans l'accident.

QK: Quels effets cela a-t-il eu sur vos relations?
RK: A ce moment, peu ou pas d'effet. J'avais beaucoup à faire pour arranger les formalités de l'hôpital. Je n'avais pas beaucoup de temps pour penser à moi. Cela peut paraître étrange...

QW: Vous m'avez dit que vous étiez déjà attiré par les amputées avant de rencontrer K.
RW: Oui, beaucoup.

QW: Quand avez-vous pris conscience de cette attirance?
RW: Comme souvent, mes premiers souvenirs datent de mon enfance et j'en ai pris pleinement conscience vers 17 ans.

QW: Avez-vous délibérément cherché une partenaire amputée?
RW: Oui mais comme beaucoup le savent, c'est plutôt difficile.

QW: Avez-vous eu d'autres partenaires amputées avant de rencontrer K.?
RW: Oui, j'ai eu de la chance jusqu'à maintenant mais cela n'a pas mené à une relation à long terme.

QK: Lorsque vous étiez en rééducation, quels étaient les aspects de votre handicap qui vous inquiétaient le plus?
RK: Le plus important pour moi a toujours été de pouvoir reprendre mon travail. Comme je l'ai mentionné, j'ai reçu de la morphine durant une longue période, c'est pourquoi je n'étais pas totalement consciente de ma situation. Pendant ma rééducation, j'ai vu d'autres personnes, en chaise roulante par exemple, qui était dans une situation encore moins enviable que la mienne. Contrairement à ces personnes, je savais que j'allais remarcher. Cela peut sembler étrange ou trop facile pour certains mais comme je l'ai dit, j'ai eu de la chance de ne pas avoir à endurer de problèmes médicaux supplémentaires comme d'autres personnes en ont eu.

QK: Etiez-vous inquiète à ce moment ou plus tard en rééducation, de ne plus être aussi attirante?
RK: Comme vous le savez, j'avais d'autres problèmes et pendant la rééducation, j'étais dans un groupe de personnes qui avaient des problèmes similaires. A ce moment, je ne me souciais pas trop de cela. Nous étions occupé toute la journée et mon but était de marcher à nouveau. Par contre, je sais aussi qu'un homme a quitté sa femme car il ne supportait pas de la voir handicapée. Un amputé a eu une brève relation sexuelle avec une femme qui n'était pas une amputée mais d'après ce que je me rappelle cela a été un échec.

QK: Un des membres du personnel a-t-il évoqué ce sujet?
RK: Non, pas du tout. En rééducation, on nous parle surtout des aspects physiques pas des aspects psychologiques importants, en tout cas pas le sujet des fervents.

QK: Etiez-vous au courant de l'existence des fervents avant de rencontrer W.?
RK: Non, absolument pas.

QK: Durant la période de temps entre la perte de votre jambe et votre rencontre avec W., avez-vous eu d'autres relations?
RK: Oui.

QK: Vous êtes vous sentie moins attirante à cause de votre amputation?
RK: Non, pas vraiment. Comme je vous le rappelle, c'était plutôt secondaire pour moi. Je suis donné de la peine pour remarcher et travailler à nouveau. C'était mon but principal. Evidemment, j'ai compris que des choses avaient changé mais comme je ne faisais pas de patin à glace ou d'autres activités de ce genre, ce n'était pas un gros problème pour moi de m'adapter à cette situation nouvelle. Mon défi était d'être à nouveau "entière" si vous voyez ce que je veux dire.

QK: Comment avez-vous réagi lorsque vous avez entendu parler des fervents pour la première fois?
RK: Il m'en a parlé ou plutôt évoqué cette idée. C'était très étrange pour moi et j'y ai beaucoup réfléchi au début mais je me suis dit: "Pourquoi pas?". Je pense qu'il n'y a rien de mal.

QK: Si on vous avez parlé des fervents durant votre rééducation, pensez-vous que cela aurait été positif ou négatif?
RK: Nous en avons aussi parlé. Personnellement, je pense que dans mon cas cela ne m'aurait pas aidé et je n'y aurais pas cru non plus. Par contre, j'aurais aimé en faire l'expérience quelques années plus tard, peut-être quatre ou cinq ans après l'amputation. Cependant, je pense que cela pourrait peut-être aider d'autres personnes qui ont été amputées à cause d'une maladie et qui sont dans une situation totalement différente.

QW: Collectionnez-vous ou avez-vous collectionné des photos de femmes amputées?
RW: Oui, naturellement.

QK: Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris l'existence de ce genre de collection de photos?
RK: Je pense que dans un sens, c'est compréhensible. La plupart des gens collectionnent quelque chose. A présent, W. n'en a plus beaucoup. Il a donné sa collection après notre rencontre. Il m'a montré quelques photos et je dois dire qu'elles sont inoffensives et loin d'être pornographiques. On y voit des femmes habillées plus ou moins belles. C'est intéressant pour moi de voir d'autres femmes amputées, de me comparer à elles, de regarder quelles béquilles ou quelle prothèse elles emploient. Une fois, j'ai été très gênée lorsque quelqu'un de très malhonnête nous a pris en photo durant un spectacle et ce, sans notre consentement. Je crois, qu'il y a beaucoup de discussions à ce sujet et sûrement beaucoup à dire. Cependant, je n'ai rien contre les gens qui collectionne et je peux le comprendre.

QK: Le fait de connaître l'existence des fervents vous a-t-il poussé à n'employer qu'une prothèse cosmétique pour marcher?
RK: Pas vraiment. C'est avant tout une aide importante qui contribue à mon indépendance. Je dois choisir ce qui est le plus confortable pour moi et non ce qui plaira à des fervents inconnus et me fera remarquer en public. Jusqu'à ma rencontre avec W., je n'avais même pas de béquilles chez moi. Ce n'est que relativement tard que j'ai découvert le plaisir d'employer des béquilles et que je me suis sentie à l'aise avec. J'aimerais aussi rajouter que durant des années, j'avais un avis négatif sur les béquilles et ce pour des raisons évidentes. J'étais fière de ne plus avoir à les employer. Après en avoir eu à nouveau, je les ai trouvé plutôt pratiques lorsque je n'ai pas besoin d'employer mes mains. Il m'a fallu beaucoup de temps et de discussions, (pas pour me convaincre) avant que je ne commence à les utiliser aussi en public. Cependant, si je n'y prenais pas du plaisir, je ne le ferais pas. Peut-être de temps en temps pour lui faire plaisir mais c'est tout. Je me souviens bien de la première fois où nous avons rencontré un couple très agréable et j'ai essayé pour la première fois des béquilles axillaire... Depuis, j'ai bien changé.

QK: Les gens ont tendance à remarquer les amputés qui se déplacent avec des béquilles. Que cela vous fait-il d'être remarquée en public?
RK: C'est peut-être différent au Royaume-Uni mais ici on voit seulement des hommes avec des béquilles. Voir une femme avec des béquilles est très inhabituel. Je n'apprécie pas trop mais je m'y habitue. Maintenant, je le remarque à peine et il faut l'ignorer pour se protéger aussi. Cependant, je trouve qu'il est très important de ne pas avoir honte d'être amputée. Cela peut arriver à n'importe qui, n'importe quand. Bien sûr, les gens sont curieux et certaines personnes me regardent ou me font même des remarques parce que je suis différente mais les remarques sont heureusement très rares. Cela dépend aussi de soi-même. Il y a une grande différence entre avoir le sourire et d'avoir l'air sympa ou de se comporter comme une pauvre infirme. Dans le second cas, on n'inspire au mieux que de la pitié.

QK: Avez-vous déjà été suivie par quelqu'un et suspecté qu'il était un fervent?
RK: Oui mais je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Plus tard, j'en ai appris plus et tout s'est expliqué.

QK: Cela vous a-t-il angoissé?
RK: Oui beaucoup, même si à présent je sais pourquoi et je peux le comprendre jusqu'à un certain point. Tant que cela est fait décemment et que je ne le remarque pas, je suis plus ou moins d'accord. Malheureusement, les fervents sont souvent très malhonnêtes dans leur façon de se comporter. C'est compréhensible mais inexcusable. Je ne sais pas comment ils réagiraient si c'était l'inverse. C'est un message pour les fervents malhonnêtes qui me regardent sous toutes les coutures. N'oubliez pas vos bonnes manières. Cela est reconnu et apprécié, sans parler des filatures et autres appels anonymes...

QK: Je sais qu'il y a des photos de vous qui circulent dans la communauté des fervents. Pouvez-vous m'expliquer comment cela est arrivé et ce qui vous a incité à vous laisser photographier et à vendre vos photos?
RK: Nous en avons longtemps parlé et W. a encore plus hésité que moi. Il ne voulait pas me pousser à le faire car c'était les siennes et c'était privé. Si les gens aiment regarder les photos d'une belle femme à qui il manque un membre, je pense qu'il n'y a rien de mal tant que c'est décent, pas pornographique et que cela ne tourne pas à la foire aux monstres (cela peut pour certains). Dans un sens, c'est un compliment. Il y a beaucoup de belles femmes et personne ne les regarde vraiment, ne voudrait de photos d'elles ou même paierait pour en avoir une. Quand j'ai vu des photos d'autres amputées, je me suis dit: "pourquoi pas"?

QW: Qu'est que cela vous fait de savoir que les photos de votre partenaire sont regardées par des étrangers?
RW: Comme K. l'a dit, j'ai longtemps hésité. Je ne voulais pas partager mes affaires privées. K. m'a convaincu d'une certaine manière. Naturellement, je suis fier de K. et des personnes l'ont déjà vu en vrai ou en photos. Alors si quelqu'un aime bien regarder une belle unijambiste pourquoi pas? Chaque jour, des gens la voient dans la rue et photos ne sont pas nos meilleures (désolé de le dire). Ce que les gens pensent des photos et ce qu'ils en font, c'est leur problème. C'est chaque jour la même chose qui arrive à la fille de la page double de certains magazines. Cependant, j'aimerais rajouter autre chose: ces photos, comme d'autres, prouvent qu'une personnes unijambiste n'est pas infirme. Il reste quelque chose de positif. Il faut montrer qu'il y du positif malgré l'absence d'un membre ! Il y a plusieurs années K. a participé à un entretien pour un journal dominical qui allait dans ce sens. Ils l'ont prise en photos et les ont publié avec l'entretien, le tout d'une manière positive. Le journal a reçu beaucoup de lettres d'autres personnes amputées. Le fait de lire un article positif leur a donné espoir en leur situation et les a encouragé à ne pas se sentir infirme. Pour elles, c'était important de voir qu'elles pouvaient à nouveau être belles malgré leur prothèse et que la vie continue.

QW: K. est amputée, quel rôle cela joue-t-il dans votre relation? Diriez-vous que cela maintient votre relation ou que c'est une part importante, significative ou pas importante de votre relation?
RW: Importante question. Avant tout, nous nous sommes rencontrés parce que K. est une amputée. A notre grande surprise, cela s'est avéré être important pour tous les deux. Cependant, si cela était la seule raison, ce ne serait pas suffisant. Nous que si c'était la seule raison, tôt ou tard, notre relation se serait terminée. Les amputés sont des gens comme tout le monde. Nous l'avons très vite découvert. Cela signifie que si quelqu'un préfère les blondes, les petites, les fortes poitrines, c'est la même chose. Comme beaucoup le savent, un attribut particulier ne suffit pas mais cela ajoute quelque chose d'important. Quand des personnes ne s'aiment pas, ne se supportent pas, n'ont pas les mêmes goûts ou intérêts, cela ne sert à rien de continuer. Cela va durer un certain temps mais pas plus. Donc dans notre cas, c'est toujours quelque chose d'important mais il y a plus encore.

QW: Pourriez-vous nous raconter plus en détails comment vous vous êtes rencontrés?
RW: J'ai fait des recherches par le biais des petites annonces dans l'espoir de tomber sur al bonne. Je pense que c'est une méthode efficace, un peu comme pêcher au filet. Je suis tombé sur une annonce écrite par une femme âgée amputée d'un bras. Je lui ai écrite dans l'espoir qu'elle connaisse d'autres amputées. Elle a répondu à ma lettre et après un certain temps, j'ai eu son numéro de téléphone et je l'ai appelé. Elle avait récemment appris l'existence des fervents et elle était très ouverte. C'était une nouvelle expérience pour elle et elle voulait en savoir plus. Durant nos discussions, qui étaient souvent ennuyeuses et inefficaces, je lui ai demandé si elle connaissait aussi d'autres amputées. Elle m'a parlé d'une gentille jeune fille qui était unijambiste et habite dans sa maison mais elle n'avait pas de contact avec elle. Après plusieurs discussions téléphoniques (durant une année), elle m'a finalement donné le numéro de téléphone de la jeune femme. Une semaine plus tard, j'ai pris mon courage à deux mains et je l'ai tout simplement appelée. C'est comme cela que tout a commencé...

QW: Lorsque vous avez commencé à sortir ensemble, est-ce que l'un de vous amis vous a-t-il fait des remarques positives ou négatives par rapport au handicap de K?
RW: Non, pas jusqu'à présent, juste des remarques positives. D'abord K. est belle, marche bien et cache assez bien son handicap. On remarque seulement qu'elle boite légèrement. Le fait d'être accepté ou pas est une question de personnalité, cela dépend de sa propre attitude. C'est assez simple mais pour certains, c'est parfois un problème incompréhensible.

Un grand merci à nos deux victimes supplémentaires. Elles ont poliment répondu à toutes les questions pertinentes et personnelles auxquelles j'ai pu penser. Je pense que cet entretien ainsi que celui de Jama Bennett sont les preuves que les choses évoluent pour le mieux pour nous tous. Après cela, je suis sûr que les lecteurs d'Overground souhaitent se joindre à moi pour transmettre leurs meilleurs vux à W & K pour que leur bonheur dure.

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