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À qui est ce corps en définitive?

par S.H., une ex-aspirante

Un autre point de vue sur le phénomène "aspirant(e)-amputé(e)"

  1. De diverses sources nous est parvenu un texte en anglo-américain, dont l'origine est inconnue et dont l'authenticité n'est pas prouvée mais qui reflète bien les sentiments des aspirants-amputés ou wannabes. C'est pourquoi nous avons jugé utile de le traduire et de le publier sur ce site.
  2. La traduction qui suit a été faite par un amateur qui désire garder l'anonymat, mais qui a choisi délibérément d'écarter les américanismes: si bien que "wannabe" est traduit par "aspirant(e)"

Depuis deux ans que j'ai accès à l'Internet et à la Toile mondiale, j'ai eu l'occasion de visiter toutes sortes de sites concernant les aspirants, des hommes et des femmes qui nourrissent un intense désir de subir l'amputation d'un membre ou même de plus d'un membre. Certains de ces sites, y compris des fictions littéraires et des sites de la Toile, qui utilisent des photos trafiquées qui prétendent montrer de belles femmes qui auraient réussi à obtenir une amputation volontaire, sont à ce point détachés de la réalité qu'ils en deviennent risibles. Certains sites plus sérieux sont tout simplement mal informés, se basant ou bien sur des rêveries ou bien sur une évaluation psychologique d'aspirants qui souffraient de sérieux désordres mentaux, qui peuvent ou non avoir un rapport avec leur désir de perte d'un membre. Aucun de ces sites ne m'a paru décrire de manière adéquate le phénomène des aspirants comme je le comprends, et je crois pouvoir dire que je le comprends fort bien, à tout le moins en ce qui me concerne.

Je suis une femme unijambiste mariée et j'ai 28 ans au moment d'écrire ces lignes. J'ai subi une amputation volontaire de la cuisse gauche quand j'avais 16 ans. Cela se fit avec le consentement de mes parents et sur la recommandation de mon psychiatre, après avoir suivi presque deux ans de thérapie et d'évaluation, comme traitement d'une obsession de devenir amputée qui était en train d'étouffer en moi toute autre perspective de vie. En d'autre mots, j'étais une aspirante et je fus autorisée à subir une amputation parce que mes médecins croyaient de manière adéquate que cette amputation serait moins incapacitante que mon désir de la subir. Je trouve que j'ai eu beaucoup de chance d'obtenir l'aide de médecins qui ont considéré ma condition comme une raison valide pour l'opération, ainsi que d'avoir eu des parents à l'esprit ouvert et suffisamment aimants que pour accepter un si étrange besoin de la part de leur fille et lui permettre de le satisfaire.

Je ne suis pas en mesure d'expliquer l'origine de mon désir d'amputation. Dès le début de mon parcours scolaire, j'ai brillé tant sur le plan académique qu'athlétique. Je me faisais facilement des amies et des amis et j'étais bien vue de mes camarades de classe. Je n'étais pas excitée sexuellement par la vue d'amputés ou en y pensant ni par des fantasmes d'être moi-même amputée. Je n'avais aucun fétichisme à l'égard de prothèses ou de béquilles, n'ayant jamais vu aucune prothèse et ne me sentant aucun désir de me servir de béquilles en l'absence d'amputation. L'idée d'avoir mal ou d'avoir moins de valeur que d'autres gens me répugnait. Je ne crois pas que je voulais consciemment ou non réduire le niveau des exploits sur lequel je serais jugée. Je ne pense pas que je voulais attirer l'attention ou la pitié de mes égaux, ou encore me rendre plus attirante sur le plan sexuel et je ne me considère pas comme masochiste. De plus, toutes ces explications furent écartées par mon psychiatre avant mon opération.

Cela ne veut pas dire que d'autres aspirants ne puissent pas avoir de telles motivations. Il serait parfaitement compréhensible que certains d'entre eux soient dans le cas. Ce que je veux dire, c'est qu'aucune théorie générale, s'il en existe une, ne peut être valable à moins qu'elle ne prenne en compte les gens qui, comme moi, n'ont pas ces motivations.

Je ne peux pas totalement rejeter l'idée que l'exhibitionnisme a joué un rôle dans mon désir d'amputation, parce que je suis exhibitionniste de nature. Outre le fait que je prenais beaucoup de plaisir à faire montre de mes prouesses académiques et athlétiques, dès que j'atteignis l'âge de la puberté, je me sentis extraordinairement excitée par l'idée ou le fait même de rendre mes attributs féminins accessibles aux regards masculins. Dès l'âge de douze ou treize ans, je faisais régulièrement des exercices physiques complètement nue devant la fenêtre de ma chambre à coucher tandis qu'un voisin me regardait depuis sa maison et, en de nombreuses occasions, je me suis déshabillée devant plusieurs garçons du voisinage, leur permettant de voir ma poitrine et ma vulve, et pendant tout ce temps savourant le pouvoir que mon corps avait de les faire bander. Je trouvais toutes ces choses extrêmement excitantes et, après chacun de ces évènements, je me retirais dans ma baignoire et me masturbais jusqu'à l'orgasme. Ainsi, je suppose que j'aurais pu croire que je serais excitée de façon similaire en étant vue comme une amputée (l'amputation étant un tabou encore plus grand que la nudité) et que cette conviction aurait pu jouer un rôle dans mon désir d'amputation.

D'autre part, je ne me souviens pas avoir eu consciemment de pareilles idées, et je n'ai jamais éprouvé d'excitation sexuelle à être observée comme amputée par des hommes durant les douze ans où je suis apparue sur une jambe et avec des béquilles. Dans ce contexte, je crois significatif que je me promène souvent sans culotte, parce que cela me donne une certaine excitation en public, même si je sais que mon manque de sous-vêtement n'est pas visible à travers mes vêtements, mais je ne suis pas excitée quant je vois des hommes me regarder quand je suis vêtue d'un costume de bain qui laisse mon moignon totalement exposé, tout en cachant mes parties génitales. Mon exhibitionnisme ne semble pas opérer à un niveau ouvertement sexuel quant à ce qui concerne mon amputation, mais était et reste centré sur les endroits normaux de mon anatomie féminine.

Il reste encore la possibilité que je pensais qu'être une amputée me permettrait de parader d'une manière extrême, mais socialement acceptable, en vaquant simplement à mes occupations sur mes béquilles, montrant aux autres gens une apparence étrange plutôt qu'un acte d'habileté, obtenant par là le même genre de satisfaction que j'obtenais en réussissant dans mes exercices sportifs et scolaires. (Comme cela se présente, une telle conviction pourrait avoir été fondée, parce que j'éprouve en fait une satisfaction non sexuelle d'être vue comme capable d'accomplir mes tâches quotidiennes aussi bien sinon mieux que la plupart des gens valides en dépit de mon évidente limitation physique, et que j'accepte le fait que d'autres ne trouveraient pas mes exploits aussi impressionnants si je n'étais pas visiblement privée d'une jambe). Je ne me rappelle pas avoir pensé cela, mais j'en fais mention parce que cela serait un prolongement logique de mon exhibitionnisme et cela pourrait avoir été quelque chose que j'aurais accepté comme une donnée de manière inconsciente.

Aussi bien que j'aie pu comprendre les sentiments me poussant à obtenir l'opération, ils me semblent relever de trois catégories principales:

En premier lieu, il y a ce que je classerais comme une simple mais très forte préférence esthétique pour la silhouette que présente un ou une amputé(e). Plus spécialement, à mes yeux et toutes autres choses étant égales, un homme ou une femme à une jambe m'a toujours paru plus beau ou plus belle qu'une personne à deux jambes. Je ne peux pas expliquer l'origine de cette préférence sinon de suggérer qu'elle pourrait être liée à l'asymétrie provenant de l'amputation d'une jambe. Je sais que j'avais envie d'avoir cette allure, dans la sincère conviction que je serais plus belle ainsi.

Le deuxième aspect de mon envie était une curiosité dévorante à propos des sensations résultant d'une amputation. À défaut d'un mot plus fort, j'avais soif de connaitre l'impression que cela faisait d'avoir un moignon plutôt qu'une jambe. Je désirais en connaitre tous les aspects, avec un besoin pressant d'une intensité que je ne peux pas faire comprendre à ceux qui n'ont pas éprouvé les mêmes désirs.

En fin de compte, je voulais me trouver face au défi continuel de la vie sur une jambe, je voulais être "handicapée" au sens sportif du terme. J'étais absolument convaincue que ma vie serait plus pleine dans la mesure où mes activités quotidiennes seraient plus difficiles à mener à bien. Mais il est important de se rendre compte que je n'éprouvais aucun intérêt à me punir moi-même ou à me diminuer. Ce qui m'excitait, ce n'était pas la difficulté supplémentaire, mais l'idée de la surmonter. Je ne cherchais pas une excuse à des échecs ou à des exploits médiocres. Je voulais faire tout de façon parfaite. Je désirais simplement accroitre la satisfaction que j'en retirerais à coup sûr.

Une des raisons qui incitèrent mon psychiatre à recommander l'amputation comme une thérapie adéquate pour moi, fut sa compréhension que ces différents aspects de mon désir n'étaient pas irrationnels dans le contexte du but désiré. Tout ce que je voulais, je pouvais l'obtenir et cela était compatible avec l'amputation d'une seule jambe. J'aurais l'allure modifiée que je trouvais la plus belle. J'éprouverais dans ma chair les sensations normales pour une personne possédant un moignon de cuisse. Le plus important de tout, c'est qu'il n'y avait aucune raison de croire que je ne pourrais pas en tant qu'amputée avoir des possibilités d'agir à un niveau supérieur.

D'aucuns qui dissertent sur les inconvénients supposés de satisfaire un désir d'amputation, semblent n'avoir aucun rapport direct avec de réels amputés. Ils commencent par l'hypothèse que l'amputation doit provoquer une baisse de disponibilité pour le marché du travail et dès lors une moindre capacité à gagner sa vie, et tout leur raisonnement découle de ce point de vue.

Mais l'exacte vérité est que l'absence d'une jambe ne doit pas réduire sérieusement les facultés de production. Quoique ce ne soit pas un handicap quelconque comme, disons, une sérieuse myopie, sur l'échelle totale des valeurs, cela ne représente pas plus qu'un inconvénient mineur pour une personne en raisonnablement bonnes santé et condition physique, vivant aux Etats-Unis ou dans d'autres pays développés ayant des infrastructures adéquates et des lois protégeant les droits des handicapés. Les nombreux unijambistes que j'ai rencontrés, qui disent qu'ils sont toujours en mesure de faire ce qu'ils veulent, ne se font pas d'illusions ni n'essayent de prendre à la légère une situation désagréable. Ils offrent une estimation réaliste de leurs capacités. Ils vivent une vie normale. Ils gagnent leur vie de manière satisfaisante pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Ils ne deviennent pas des damnés rejetés par leurs communautés.

En fait, un nombre surprenant d'amputés en arrivent vraiment à aimer leur nouvelle image corporelle, à cause des avantages qu'elle leur confère dans de nombreuses situations sociales. Une jambe de pantalon vide et attachée à la ceinture est un outil efficace pour obtenir certains avantages et de la considération, et équivaut presque à une garantie d'être partout traité(e) avec politesse et respect, sinon avec gentillesse. Cela ne nous étonnerait pas outre mesure que certains amputés involontaires en arrivent à apprécier l'effet de leur apparence étrange sur les gens qu'ils rencontrent. Si c'est vrai d'amputés qui ont perdu leur membre à leur corps défendant, combien plus probable doit être le fait qu'un aspirant ayant obtenu l'amputation aime et continue à aimer son corps modifié?

Ce serait stupide de baser notre jugement de ce qui attend les aspirants sur des conditions économiques et sociales qui n'existent plus. Nous ne sommes plus au 19e siècle. La plupart des amputés ont leurs activités au sein même de la société, et non comme des citoyens de seconde classe comptant sur la tolérance et la générosité des gens valides pour leur survie. Les aspirants ont tout à fait raison de penser qu'ils seront capables de vivre une vie productive quasi normale après être arrivés à leur fin de perdre un membre, quoique certains, sans nul doute, sous-estiment l'inconfort et les difficultés qu'entrainent la récupération et la réhabilitation. En ce qui me concerne, j'ai suivi des cours à l'université et y ai obtenu mes diplômes comme amputée, et depuis la fin de mes études, j'ai constamment obtenu des rémunérations en rapport avec mon âge et mes diplômes. À cet égard, on ne peut pas soutenir que ma vie soit différente de ce qu'elle aurait été si j'avais gardé ma jambe gauche, sauf pour le bonheur accru que son absence m'a apporté.

Un auteur a suggéré que, ayant obtenu l'amputation désirée, l'aspirant est plus ou moins condamné au désappointement et au regret une fois sa curiosité satisfaite et que s'émousse l'effet de nouveauté. Il propose cela comme une raison que la communauté médicale pourrait invoquer pour refuser de considérer l'opération comme une thérapie valable pour l'aspirant. Évidemment cet argument est basé sur les deux présupposés que la curiosité est la motivation unique ou principale pour rechercher l'amputation, et que l'opinion du chirurgien que l'amputation va rendre en fin de compte son patient malheureux est une bonne raison pour la lui refuser.

Pour commencer par le dernier point, la communauté médicale pourrait raisonnablement penser que la plupart des gens sont malheureux de perdre un membre quelle qu'en soit la raison. Et pourtant cela ne les empêche pas de procéder à des amputations quand il apparait opportun de le faire davantage pour des raisons médicales que psychologiques. Il est inconséquent d'argumenter que le chagrin possible du patient est une raison suffisante de ne pas pratiquer l'opération dans un cas mais pas dans l'autre. La véritable question qui se pose ici est de savoir si la peine réelle que l'aspirant éprouve à ne pas voir satisfaire son désir d'amputation est plus ou moins importante que le possible chagrin qu'il pourrait (ou non) éprouver après son amputation. Les médecins n'ont aucun moyen de connaitre la réponse à cette question et n'ont aucune raison de refuser l'opération sous prétexte que le patient pourrait en éprouver du regret par la suite. En effet, si c'était là une raison suffisante pour les médecins de refuser de faire une opération, que resterait-il comme opération volontaire possible? Toute opération peut avoir pour résultat que le patient soit déçu par la suite. S'il y a une chance raisonnable que l'amputation puisse procurer un réel soulagement de la peine chronique qui suffit à délabrer la vie quotidienne d'un aspirant, il est logique de suggérer que la communauté médicale pourrait se sentir contrainte par son propre code éthique à considérer l'amputation comme un traitement valable. Si la perte de capacités induite par l'obsession d'obtenir une amputation est plus grande que celle normalement associée à la perte d'un membre, alors surement l'amputation devient l'option préférentielle.

Il est peut-être vrai que la curiosité insatisfaite constitue la seule motivation du désir de certaines personnes d'être amputées. Je n'ai aucune raison de penser qu'il n'en est pas ainsi. Pour ma part, cependant, ce n'était qu'un des trois principaux aspects de mon désir d'amputation, comme je l'ai déjà écrit. C'était l'aspect le plus ressenti, et probablement le seul qui ne pouvait être satisfait que par l'opération, mais j'ai toujours su que ma curiosité à propos des sensations procurées par l'amputation disparaitrait presque aussi vite que ma jambe coupée si je parvenais à obtenir ce que je voulais. Si la curiosité avait été ma seule raison, je suis sure que j'aurais été capable de garder le contrôle de mon désir et d'éviter l'opération. Même à l'âge mûr de seize ans, je me gardais bien d'encourir un risque pour toute la vie en échange d'un plaisir tout momentané. Non, pour moi le motif le plus important d'avoir ma jambe amputée était un besoin profondément ressenti de triompher du handicap, de ressentir la satisfaction de relever le défi d'une constante source de difficultés. Et c'est encore toujours le cas. J'étais totalement habituée aux sensations d'un moignon dans les quelques jours après l'opération, mais le plaisir provenant du fait de vivre une vie réussie sur une jambe ne s'est pas émoussé après plus d'une décennie.

Je me doute que peu d'aspirants dont l'envie d'amputation est assez forte que pour vraiment y chercher satisfaction, basent leur désir entièrement sur la curiosité. Le désir de savoir ce qu'on ressent après une amputation est certainement puissant, mais le seul fait d'y penser peut engendrer d'autres motivations.

Mais je ne pense pas qu'il aille de soi qu'un aspirant ayant pu réaliser son désir doive inévitablement expérimenter déception et regret même si la curiosité est son motif premier. Je ne possède pas de données statistiques étendues, mais j'ai échangé une correspondance suivie avec cinq autres personnes qui ont aussi réussi à passer du stade aspirant au stade amputé avant leur vingtième anniversaire, et je crois qu'il y aurait lieu de tenir compte de leur expérience même si elle n'a pas une valeur statistique.

Deux de ces personnes sont des femmes et les trois autres sont des hommes. Deux ont entre vingt et trente ans, l'une en a trente-six, et les deux autres ont dépassé quarante ans. Les trois hommes sont des amputés d'un bras, ayant eu recours au moyen simple de délibérément mettre leur bras en contact avec des engins agricoles ou industriels. Les deux femmes sont des amputées fémorales d'un seul côté. L'une d'entre elles obtint une amputation chirurgicale comme moi, en passant par un chirurgien recommandé par son analyste. L'autre prétend avoir payé trois cents dollars à une de ses connaissances pour lui démolir le genou avec un fusil. Si cette prétention est complètement véridique, je ne suis pas en mesure de le savoir, mais j'ai rencontré cette personne quand elle marchait avec des béquilles et je puis affirmer que la perte de sa jambe est bien réelle. Je puis aussi témoigner du fait qu'elle m'a montré une coupure de presse la désignant comme la victime d'un accident de chasse.

Le temps mis par ces gens à planifier et à préparer leur coup varie de plusieurs années à pratiquement rien du tout. Comme on pouvait s'y attendre, deux des hommes provoquèrent leur "accident" de manière impulsive, sans y penser longtemps d'avance. Ils ont vu l'occasion de réaliser leur désir et l'ont prise. Le troisième homme a travaillé sur une grande machine hydraulique à couper le métal dans une aciérie pendant deux mois en se demandant s'il allait accomplir son rêve de toute une vie, pour en fin de compte placer son bras sous la lame trois jours avant qu'il ne doive commencer sa dernière année d'enseignement secondaire, et le coupant juste au-dessus du coude. Une femme dut subir de la psychanalyse durant trois ans avant que son thérapeute lui offre la possibilité d'opération dans une salle d'opération hospitalière. (J'ai trouvé cela intéressant, car ma propre amputation fut effectuée dans le bureau de mon chirurgien pour éviter la curiosité et les reproches éventuels des équipes soignante et dirigeante de l'hôpital local où il pratiquait normalement ses opérations importantes.) La victime du coup de fusil prit le plus longtemps pour atteindre son but, projetant et reprojetant sans arrêt depuis l'époque de ses douze ans jusqu'à ce qu'elle ait presque atteint ses dix-huit ans.

Toutes les cinq personnes m'ont dit qu'une curiosité insupportable était la raison la plus irrésistible pour désirer se défaire de leur membre, deux d'entre elles disant n'avoir conscience d'aucune autre raison. Toutes les cinq m'ont dit aussi que leur amputation les a rendues plus heureuses de façon permanente et qu'elles n'agiraient pas autrement qu'elles ne l'avaient fait si on leur en laissait le choix. Elles ont toutes exprimé une satisfaction durable de leurs moignons et de leurs vies comme amputé(e)s.

Je pense qu'il est plus que probable que ceci constitue un échantillon orienté, car je ne m'attends certes pas à être mise au courant, par les canaux qui me sont accessibles, de l'opinion de ceux et celles qui se seraient rendu compte que l'amputation qu'ils avaient désirée et obtenue les décevait, mais je crois que les témoignages rapportés indiquent qu'une déception ultérieure après une amputation volontaire n'est pas inévitable ni même nécessairement habituelle. Ces témoignages font apparaitre aussi qu'une satisfaction à long terme peut résulter de l'amputation même quand l'aspirant est principalement motivé par sa curiosité.

En fait je serais prête à soutenir que les raisons pour lesquelles un aspirant désire être amputé ne sont probablement pas aussi importantes, une fois le but atteint, que l'intensité de son désir. Quand son désir d'avoir un moignon dépasse un certain niveau, c'est ce désir lui-même qui devient le problème principal, c'est une obsession dominante et destructrice qui est en elle-même un handicap. Quand j'ai commencé la psychanalyse, je ne pouvais plus penser à rien d'autre que de devenir une amputée et je ne pouvais rien faire d'autre que les tâches les plus simples. Mes facultés d'agir étaient bien inférieures à mon niveau normal et je ne parvenais pas à y remédier. Même mon psychiatre n'est pas parvenu à m'aider à récupérer le contrôle complet de mes pensées. En fin de compte, on m'accorda l'amputation non parce que je la désirais, mais parce que c'était le seul moyen de me faire cesser de la désirer. Et cela a réussi. Sans tenir compte des désavantages qui ont accompagné la perte de ma jambe, cela mit fin à mon obsession. Je ne pouvais continuer à consacrer toutes mes pensées à obtenir quelque chose que j'avais déjà. Mon esprit fut en paix dès le moment où je m'éveillai après l'opération, et le soulagement que cela me procura, était si grand que le fait de ne plus pouvoir faire certaines choses que je faisais facilement auparavant, n'avait aucune importance. J'avais échangé un grand handicap contre un petit et l'affaire était avantageuse.

Ainsi mon ami qui plaça sa main dans le taille-haies parce qu'il voulait savoir s'il allait vraiment sentir encore ses doigts après les voir perdus, n'a pas agi par pure curiosité. C'est la difficulté de vivre avec une curiosité aussi intense qui le fit réellement agir. Il s'était posé cette question pendant si longtemps et avec une telle intensité que son esprit ne voulait pas s'en détacher. Le seul moyen de s'en libérer était de se libérer de sa main. Une fois qu'il avait fait cela, la réponse à sa question n'avait plus d'importance (oui, il sent toujours ses doigts, après trente ans, et peut même les remuer), parce qu'il savait en fin de compte ce que c'était et qu'il pouvait s'occuper d'autre chose. Le handicap assez lourd que constitue la perte d'une main lui sembla de peu d'importance, comparé à la détresse qu'il avait dû supporter avant son "accident". Il n'y eut aucune déception, aucun sentiment de désappointement, et il ne pouvait pas y en avoir, car il n'éprouva que des améliorations. Il avait exactement ce qu'il avait désiré, et était prêt à en endurer les conséquences physiques parce qu'elles, au moins, étaient supportables.

Il est logique de se demander pourquoi la curiosité à propos de l'expérimentation et des sensations d'après amputation peut atteindre de tels niveaux. Après tout, on peut être très curieux à propos de beaucoup de choses sans en attraper une obsession. Qu'y a-t-il de spécial dans ce sentiment?

Je pense que la réponse à cela présente deux branches. En premier lieu, l'envie de savoir exactement ce qu'un amputé ressent ne peut être satisfaite QUE par une amputation. Il n'y a pas d'autre solution satisfaisante. L'amputé(e) peut faire de son mieux pour décrire les sensations qu'il ou elle ressent, mais ces sensations sont propres à une configuration physique différente de celle d'autres êtres humains, et seule une personne possédant une configuration similaire peut comprendre la description comme il ou elle la fait, et cette personne possédant cette configuration n'a pas besoin de la description en cause.

En second lieu et de manière plus importante, l'aspirant(e) sait que cette curiosité PEUT être satisfaite. Il ou elle peut connaitre exactement quelles sensations sont provoquées par un moignon après amputation. Tout ce dont il ou elle a besoin, c'est de subir une opération chirurgicale assez simple, et toutes ses questions trouveront une réponse. C'est cette disponibilité potentielle des réponses qui l'entraine sur la pente glissante de l'obsession. Ces réponses sont là à l'attendre, mais toujours hors de sa portée. C'est tout juste comme si on était sur le point de mourir de faim alors qu'un banquet serait prêt à être mangé de l'autre côté d'un mur de verre incassable. Vous aimeriez pouvoir cesser de penser à la nourriture, mais vous ne pouvez pas y parvenir.

Comme l'a déjà souligné au moins un autre auteur, c'est là que cesse toute analogie entre l'amputation pour les aspirants et l'opération de changement de sexe pour les transsexuels.

Je me suis souvent demandé quelle impression cela ferait de faire l'amour comme un homme, comme je suppose que d'innombrables femmes l'ont déjà fait. Mais une telle connaissance est absolument inaccessible dans l'état actuel de la médecine. Je pourrais subir une opération dite de changement de sexe, mais cela ne me procurerait pas l'expérience d'un mâle. Je ne serais pas un homme. Je serais une femme sans vagin et avec un clitoris agrandi. Je ne serais toujours pas en mesure d'apprendre ce que mon mari ressent quand il fait aller et venir son pénis dans mon corps jusqu'à ce que ses testicules se déchargent du sperme et que sa prostate introduise sa semence dans mon vagin, pour la simple raison que je ne serais toujours pas en possession de ces organes spécialisés. Reconnaissant la futilité de ma curiosité, je ne suis pas tentée d'en pousser plus loin l'étude. Puisque ma curiosité se borne aux sensations procurées par les relations sexuelles et ne s'étend pas aux autres aspects de la vie d'un homme qui pourraient intéresser une femme transsexuelle, je me contente de la laisser insatisfaite et je porte mon attention sur d'autres objets.

Toutefois, cela n'est pas le cas en ce qui concerne l'amputation. L'aspirant est parfaitement conscient que les réponses aux questions qu'il se pose sont disponibles par le biais d'une opération chirurgicale, et aucun sentiment qu'il ne peut apprendre ce qu'il veut savoir n'est en mesure de le dissuader. Au contraire, sa curiosité est encouragée par la connaissance qu'elle peut être parfaitement satisfaite, tout en étant en même temps frustrée par la difficulté et même le danger d'obtenir satisfaction. Faut-il s'étonner dès lors qu'il en arrive à un blocage mental complet?

Il se peut que les sensations que j'obtiens de mon moignon ne correspondent pas exactement à ce que vous ressentez dans le vôtre, mais mon moignon est une réalité, tout ce qui reste d'une jambe que je n'ai plus. Ce n'est pas une simulation. Quoi que je sente dans mon moignon au moment où je dactylographie ces mots, c'est l'interprétation légitime par mon cerveau des signaux émanant d'une masse coupée et réarrangée de muscles atrophiés, de vaisseaux sanguins et de nerfs entourant un bout d'os. Il importe peu que votre cerveau ressente les choses différemment, parce que je suis toujours bien réelle. Une fois que j'ai réussi à obtenir l'amputation, je suis devenue une amputée et non une imitation cosmétique d'une amputée par une quelconque altération superficielle.

Je suis certaine que l'ironie de la comparaison entre les transsexuels et les aspirants n'échappe à aucune personne réfléchie. D'une part, nous avons l'enlèvement chirurgical de parties génétiques internes et externes (et des seins, quand il s'agit d'une femme) et une perte complète de toute fonction reproductrice, faisant partie de la modification complète d'apparence qui exige un changement radical de style de vie et de manière de s'habiller en vue de satisfaire aux normes de la société concernant le sexe visé, tout cela sans réellement atteindre le but exact à la base de cette opération. D'autre part, nous avons l'enlèvement chirurgical d'un seul membre extérieur avec comme seul effet direct de modifier la manière dont le patient marche, sans même changer son apparence s'il choisit de porter une prothèse, tout en réussissant parfaitement à procurer au patient les modifications sensorielles et fonctionnelles qu'il recherchait. Pourtant la première opération est accessible à quiconque peut passer l'examen psychologique et est en mesure de la payer, tandis que la seconde ne peut s'obtenir à n'importe quel prix, à cause de "considérations éthiques" qui peuvent n'avoir rien à voir avec les besoins psychologiques profonds et les capacités de celui qui la recherche.

Quand on considère les attitudes à l'égard d'autres opérations volontaires, on peut trouver encore un plus grand contraste avec l'attitude générale envers l'amputation. Comme femme, j'ai le droit de me faire opérer les seins pour les agrandir, les réduire, en changer la forme ou les déplacer comme je le désire, aussi longtemps que je peux rassembler les fonds suffisants pour ce faire et que je ne me comporte pas comme une folle furieuse. Si j'ai du mal à satisfaire mon mari, je peux me faire resserrer le vagin. Je peux aussi me faire stériliser, me faire remplacer les dents naturelles par un dentier, me faire lifter le visage, me faire raccourcir le nez ou changer la ligne du menton, etcetera. Je peux même, croyez-le ou non, me faire retailler les lèvres de la vulve pour mieux les conformer à ce que j'estime qu'elles devraient ressembler (même si j'ai réussi d'une certaine façon à passer les vingt-huit ans de ma vie sans jamais les voir ni même ressentir le désir de les voir). Certaines de ces opérations sont susceptibles d'avoir un sérieux impact sur ma vie, tandis que d'autres ont pour seul effet de changer mon apparence de façon à me faire plaisir, mais tout ce qu'elles ont en commun c'est qu'elles sont accessibles sur demande. Si je peux les payer, je peux les subir. L'opinion de la communauté médicale à cet égard est que c'est mon corps et que j'ai le droit de le modifier de façon à le conformer à l'image que je m'en fais.

Mais tout à coup cette opinion prend un virage à 180 degrés quand la modification demandée concerne mes extrémités. On ne permet pas de rechercher une autre conformation que quatre membres et vingt doigts, fût-ce même pour soulager des pressions psychologiques insupportables. Peut-être ai-je conscience de ne recevoir aucun profit palpable du petit orteil de mon pied droit, mais, si je demande qu'on m'enlève cet orteil en vue d'améliorer l'apparence de mon pied et de me faire sentir beaucoup mieux dans ma peau, on me dira que c'est une demande déraisonnable et que j'ai besoin de mon orteil, même si je ne ressens pas ce besoin.

Pensez donc. Le même chirurgien qui me dit que le désir de perdre un orteil dont je ne ressentirai jamais la perte, est un signe d'instabilité mentale, pourrait parfaitement être prêt à modifier la forme des lèvres de ma vulve si je le lui demandais. Suis-je vraiment moins équilibrée que ma sur qui éprouve le besoin de faire changer l'apparence d'un organe intime? Peut-être bien que Surette et moi sommes toutes les deux un peu dérangées, mais ce qui est vraiment irrationnel ici c'est le système qui remédie au dérangement de l'une mais pas de l'autre.

Il est tout à fait évident que mon désir de me défaire d'une jambe entière a une autre importance que le désir que quelqu'un peut avoir de se faire enlever un petit orteil ou raccourcir le nez, mais la différence est davantage de degré que de principe. C'EST mon corps. Si j'étais convaincue que je serais une femme plus heureuse si seulement je pouvais avoir un pied avec quatre orteils à caresser et à contempler, qui pourrait me dire avec une quelconque autorité que j'ai tort? Un petit nombre de personnes sensées pourrait dire que je ne fais du mal qu'à moi-même ou que le risque que je prends est dérisoire - des gens vivent toute leur vie avec un petit orteil en moins sans avoir conscience de la moindre perte. Poursuivant sur cette voie, si je suis au courant de choses comme la douleur fantôme, la réhabilitation physique et une vie entière d'inconfort et que je suis prête à les accepter en vue d'obtenir ce que je conçois comme l'avantage de n'avoir qu'une jambe, qui donc a autorisé mon docteur à me refuser ce que je veux, considérant les nombreuses autres choses qu'il est prêt à me faire sur ma demande, certaines de ces choses pouvant aussi avoir des effets collatéraux négatifs et produire une diminution permanente de fonctionnalité?

Ce qui nous ramène à la chirurgie de changement de sexe. Le patient transsexuel renonce à des organes sexuels d'origine en bon état de fonctionnement en échange de quelque chose qui ressemble vaguement à ceux de l'autre sexe mais qui n'ont aucun pouvoir de fonctionner normalement sauf dans le sens le plus rudimentaire de fournir quelque chose qui peut être inséré à la manière d'un pénis ou qui accepte l'insertion d'un pénis. Les organes génitaux artificiels ne procureront certainement à leur possesseur aucune des impressions ressenties par les gens qui sont nés avec des organes d'origine, et ce possesseur devra se contenter de ce qu'il ou elle pourra obtenir comme résultat. Les opérations nécessaires entrainent un inconfort majeur et une longue récupération. Pourtant la chirurgie de changement de sexe est considérée comme un traitement médical valable, parce qu'il procure l'apparence physique et le semblant d'une fonction à laquelle le transsexuel a rêvé sa vie durant à un niveau obsessionnel, et par là même allège un grand tourment moral et améliore l'ensemble de son bien-être émotionnel.

J'émets l'opinion que quand on considère tous les faits, s'il y a quelque différence dans la raison pour laquelle une opération devrait être acceptée, prescrite et effectuée, ce devrait être en faveur de la transformation d'aspirant en amputé par rapport au passage d'un sexe à l'autre. Contrairement à ce qui se passe dans le dernier cas, l'amputation procure exactement ce que le patient désire et non pas quelque chose qui lui ressemble vaguement. Il s'agit donc d'une opération qui a plus de chance de réussite au plan physique. (Pour être aussi efficace, une chirurgie transsexuelle devrait être en mesure de me procurer un ensemble complet et fonctionnel d'organes mâles.) L'amputation de la jambe n'entraine relativement que peu de peines post-chirurgicales en comparaison avec d'autres opérations d'importance. L'hospitalisation consécutive n'est pas de longue durée et la récupération se fait relativement vite. L'ablation de tout ou partie d'un bras provoque encore moins de stress à celui ou celle qui en est victime, les patients de l'espèce se levant et marchant souvent quelques heures seulement après l'opération. L'amputation a un rapport qualité-prix de loin supérieur à celui de la chirurgie transsexuelle, quand on considère que les honoraires totaux pour l'ablation d'une jambe au-dessus du genou n'atteignent pas cinq mille dollars, même dans les hôpitaux américains réputés chers, ce qui ne représente qu'une petite fraction de la chirurgie transsexuelle. (Le rapport économique pourrait bien ne pas être aussi favorable en cas de chirurgie touchant au torse, comme l'hémipelvectomie ou l'amputation de toute l'épaule, mais je n'ai encore jamais entendu parler d'un aspirant désireux de subir une opération aussi radicale et ne peux même imaginer qu'il s'en présente jamais un). Un désagrément significatif causé par l'amputation est l'apparition fréquente de douleurs fantômes de durée variable. Je doute cependant que les aspirants très désireux de se faire amputer considèrent cela comme un risque insurmontable.

Plus à propos, l'amputation peut être un moyen très efficace de mettre fin aux obsessions de l'aspirant. Je peux en témoigner de ma propre expérience ainsi que de celle des amputés susmentionnés avec qui j'ai eu des contacts. Il y a aussi deux cas d'hommes plus âgés s'étant fait amputer à la suite de blessures par balles qu'ils s'étaient eux-mêmes infligées, qui sont bien connus dans le monde des fervents et aspirants, et eux aussi, selon les rapports publiés, ont éprouvé des résultats favorables. Des témoignages aussi rares ne peuvent évidemment pas constituer une base valable pour que les médecins proposent l'opération comme traitement pour n'importe quelle condition, mais cela pourrait ouvrir la voie à une évaluation plus rigoureuse avec des conditions sévères, pour que l'opération puisse être faite sur des candidats soigneusement triés.

Notez que je ne suggère absolument pas que la chirurgie transsexuelle soit abandonnée. Au contraire. Cela continue à se faire parce qu'il est apparu que cette opération était un moyen efficace d'apporter aux transsexuels une certaine tranquillité et un certain contentement, améliorant par là la qualité générale de leur vie. Je propose plutôt qu'on reconnaisse les tourments moraux subis par les aspirants comme une condition sérieusement débilitante, de mêmes nature et importance que le transsexualisme, et que l'amputation ne soit pas écartée comme remède raisonnable à leur affliction, tout comme l'opération de changement de sexe est utilisée pour traiter les transsexuels. Si l'on fait cela, j'ai toute confiance dans le fait que les aspirants susceptibles de bénéficier d'une amputation puissent être dépistés par une approche psychologique, et que l'amputation puisse être reconnue comme une thérapie valable dans leur cas. Si cela arrivait, les aspirants pourraient enfin se manifester avec quelque espoir de trouver la satisfaction de leur désir et je crois que nous trouverions qu'il s'en manifesterait beaucoup plus qu'on n'a jamais pensé jusqu'ici.

L'autre solution est évidemment d'en rester au statu quo. Dans ce cas, je prétends que la communauté médicale serait coupable de sérieuses inconséquences dans l'approche des opérations volontaires. Elle se désintéresserait aussi du bien-être général d'une partie, assurément petite, de la population, qui n'a actuellement aucun moyen légal, sûr et efficace de traitement à sa disposition, sans autre raison apparente que de soutenir une vision dépassée de ce qui constitue une chirurgie nécessaire. Alors, comme maintenant, les aspirants seront pleinement justifiés à se demander pourquoi d'autres opérations chirurgicales importantes qui n'ont pas de but plus sérieux que d'apporter une modification désirée d'apparence peuvent être accessibles sur demande, tandis que nos désirs les plus profonds et nos frustrations débilitantes sont considérées au mieux comme frivoles. Alors, comme maintenant, nous demanderons à la communauté médicale: "À qui est ce corps en définitive?"

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