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Déesses et culpabilité

T. et moi avons décidé de ne plus se voir.

Comment cela est-il arrivé? C'était une belle amitié qui était devenu une relation intime. Je me suis arrêté juste au moment où T. m'a proposé de passer la nuit avec elle, au moment où elle allait entamer les préliminaires.

Pourquoi me suis-je arrêté au moment crucial? Si je le savais.

Nous avons tous les deux une cinquantaine d'années, et vivons dans des régions différentes de l'Angleterre. Il y a une douzaine d'année, T. a eu un accident de voiture. On l'a amputé de la jambe gauche à plusieurs centimètres au-dessus du genou. Nous nous sommes rencontrés grâce à une annonce dans un magazine. Nous cherchions juste une amitié. Dans son annonce, elle disait qu'elle était amputée et nous avons correspondu brièvement. Elle ne savait pas que j'étais un fervent et je ne le lui ai jamais dit. Nous nous sommes rencontrés chez elle pour la première fois. Cela lui a pris un long moment pour ouvrir la porte. Elle m'a emmené à l'intérieur. J'étais fasciné par son derrière. En la voyant marcher avec sa jambe artificielle verrouillée j'ai déduit que son moignon était très court. Nous avant pris le thé et T. a souhaité me parler de son handicap (comme elle l'appelait). Elle voulait que je sache comment elle était.

Elle ne m'a pas parlé de son accident mais elle m'a parlé librement de sa situation. Elle m'a montré ses prothèses de rechange. J'ai constaté qu'elle était mince et en bonne santé. Cependant, malgré son moignon relativement allongé, tout son poids était réparti sur sa jambe artificielle. Cela la gênait constamment .

Nous nous sommes vu encore quelques fois chez elle. Elle ne sortait pas beaucoup et ne voulait pas que je l'invite à déjeuner au pub. La troisième fois, elle m'a expliqué que sa prothèse irritait sa cuisse. A ma grande surprise, elle m'a dit qu'elle allait me montrer. Elle s'assit à une chaise à la cuisine, releva sa jupe, détacha la sangle autour de sa taille et enleva sa jambe que je pris et mis de côté. Son moignon était fin avec la cicatrice sur le côté. J'ai ensuite touché l'extrémité et j'ai senti l'os coupé. Cela ne semblait pas la gêner. Finalement, elle a remis sa prothèse et nous sommes partis.

La dernière fois que nous nous sommes vus, nous avons un peu discuté puis T. m'a proposé de rester pour la nuit. Je lui ai répondu que nous étions trop vieux pour cela et j'ai ajouté qu'elle aurait de la peine à le faire avec un membre en moins. T. a répliqué qu'elle pouvait toujours le faire et que cela ne faisait aucune différence. Nous sous sommes levés et avant commencé à nous caresser intimement. Je lui ai demandé d'enlever sa jambe et je l'ai aidé à le faire. Elle est restée debout et je lui ai demandé de bouger un peu son moignon. Elle resta en équilibre, appuyée sur le bord de la table et bougea son moignon sous sa jupe. Je l'ai prise dans mes bras et j'ai agrippé son moignon tandis que T. commençait à onduler son corps.

"Où allons-nous le faire?", me demanda-t-elle.

A ce moment-là, je fus envahi par la culpabilité. Avais-je le droit de partager avec elle cet acte émotionnel et physique alors que nous le faisions chacun pour des raisons totalement différentes? Je me suis excusé de l'avoir tant excité. Nous nous sommes calmés et je lui ai aidé à remettre sa jambe. Finalement, je suis parti. Je lui ai écrit pour lui expliquer que j'étais un fervent et pour lui demander pardon. J'ai ajouté que si malgré tout elle voulait continuer, j'en serais ravi. Elle m'a dit que je serais toujours attiré par sa jambe et qu'elle ne voulait pas de cela. C'était fini.

Comment ma ferveur a-t-elle débuté? De manière classique, je suppose, lorsque j'avais cinq ou six ans environ. J'habitais au bord de la mer. Un jour, alors que je me promenais avec ma tante, j'ai aperçu une fille de dix ans environ qui se baladait sur la promenade avec sa famille. Elle portait robe d'été et avait un pilon gainé de cuir poli. Plus tard, nous l'avons vu assis sur une chaise longue, son pilon appuyé sur la barrière de la promenade. Cela n'avait rien de sexuel. J'étais trop jeune... Quelle en est la cause? Je ne me rappelle d'un événement antérieur à celui-là qui aurait pu m'influencer. Un jour, par contre, il m'est arrivé quelque chose que je n'ai jamais oublié.

Durant plusieurs années, j'ai soupiré en regardant des photos d'amputés dans les journaux et cela ne me faisait pas grand-chose. Puis, lorsque j'avais quatorze ans environ, et que je commençais à m'intéresser aux filles, j'ai croisé C. près de l'école. Elle était amputée du bras droit à la hauteur du coude. C'était une amputation congénitale. Elle portait des habits à manches courtes et j'ai souvent pu voir ce petit bout de chair dépasser. Un jour d'automne, je l'ai suivi dans le bus. Elle portait une blouse à manches courtes. Nous nous sommes levés pour sortir du bus et tandis que je la suivais, le bus a freiné et lorsque C. a été projeté vers l'arrière je l'ai retenu par l'extrémité de son moignon. Quel plaisir. J'ai senti la chair puis l'os, c'était tellement bon. C. n'eut aucune réaction mais je me sentais coupable. Je ne l'ai plus jamais suivi.

Durant plusieurs années, j'ai suivi le schéma classique : je trouvais quelques rares informations à la bibliothèque, je traînais aux environs des centres de rééducation et parfois, je voyais des photos dans les journaux. J'étais certain que ce que je faisais était mal.

Ensuite, j'ai engagé la conversation avec J. devant un magasin. J., qui avait mon âge, se déplaçait avec des cannes anglaises. Nous avons pris un café, nous nous sommes revus et nous nous sommes promenés à Hyde Park. Nous nous sommes assis et nous avons parlé de son accident qui a causé l'amputation de sa jambe gauche à la hauteur de la hanche. J'ai tenté le tout pour le tout et j'ai commencé à explorer son moignon lorsqu'elle parlait. A travers sa jupe, j'ai senti son court moignon se déplacer. Nous nous sommes caressés brièvement et c'était tout : aucune gêne, aucune objection de sa part.

Il y a eu plusieurs autres rencontres. Nous sommes sortis pour manger et aller au cinéma. Quand nous sortions, J. utilisait toujours des cannes anglaises. Elle les employait à la place des béquilles traditionnelles ou d'une prothèse.

Nous sommes allés manger et nous avons parlé de sa prothèse. Elle la portait parfois pour aller à des soirées. Elle m'a demandé si je voulais qu'elle la mette. Elle est revenue en marchant très lentement. Sa démarche était plus hésitante qu'avec les béquilles. J'ai examiné sa jambe artificielle. La jambe était rattachée à une coque qui était ajustée à la hanche. Tout cela n'était pas aisé à manipuler.

Finalement, nous avons décidé de passer l'après-midi ensemble. J. était bien habillée. Nous sommes assis sur son sofa pour parler. Je l'ai questionné sur son moignon et sur ce qu'elle portait. Sur ce, elle releva sa jupe pour me montrer ses sous-vêtements. La jambe droite de ses collants était cousue sur le côté droit pour former une sorte de chaussette. J'avais de la peine à contenir mon excitation lorsqu'elle a continué à se déshabiller pour que je puisse mieux explorer son moignon. J. était aussi excitée que moi. Elle était agenouillée en équilibre instable sur le lit. J'étais debout et je la caressais avec ardeur. Nous étions sur le point de nous abandonner totalement et de nous déshabiller complètement pour enfin pouvoir répondre aux pulsions qui nous tiraillaient depuis des années. Elle était frustrée sexuellement et moi, j'allais combler mes désirs avec une femme unijambiste.

Cependant, une fois de plus, je fus envahi par la culpabilité. J'avais en face de moi la femme des rêves : unijambiste, passionnée, téméraire mais ignorant mes vraies motivations. Je lui ai alors dit qu'il valait mieux attendre, je l'ai calmée et je ne l'ai jamais revue.

Et ainsi de suite. Il y a eu d'autres relations de ce style. La fille ne sait rien de mes motivations, je désire ardemment assouvir mes envies mais je ne peux gâcher une relation parfaite.

Où est donc la déesse dans tout cela?

Est-ce que je veux simplement observer de loin pour ne pas gâter l'objet de mes désirs? Y'aurait-il une certaine perfection dans la vision d'une amputée qu'elle soit habillée ou pas?

J'ai plusieurs fois eu la possibilité de parler à une amputée que j'avais vue mais j'ai préféré l'observer. Ensuite, je m'en veux d'avoir encore loupé une occasion pareille. C'est là que la culpabilité prend le dessus.

Une seule fois, j'ai dévoilé mon secret à une amputée, T. Elle n'était pas du tout horrifiée même si c'était nouveau pour elle de savoir qu'il y avait des fervents. Elle ne voulait pas que sa jambe soit le centre d'intérêt et je me devais de respecter sa demande.

Maintenant, je ne sais pas comment gérer ce conflit entre ma culpabilité et mon admiration. Si d'autres personnes pouvaient parler de leur propre expérience, je pense que cela intéresserait les lecteurs de OverGround.

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