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Caché ou dévoilé?

par Peter

A OverGround, il y a une vague constante d'articles au sujet d'observations faites soit durant l'enfance soit d'autres plus récentes. Je me demande si les observations ne sont pas l'aspect le plus érotique de la ferveur. Le fervent est toujours excité à l'idée de voir l'objet de ses désirs mais dès que tout est dévoilé, la "magie" disparaît, le pouvoir d'attraction n'est plus le même. Il serait faux de se focaliser sur ce seul "objet" de désir alors qu'il y a tant d'autres implications personnelles dans une relation. Pourtant, la seule chose qui intéresse le fervent, c'est l'absence du membre ou le membre amputé en soi.

Pendant une longue période, je sortais avec F. et je me suis retrouvé face au dilemme mentionné plus haut. Dès que je l'ai vue, c'était déjà un dilemme.

Le centre de rééducation était bondé. J'étais dans la salle d'attente. J'étais venu amener quelqu'un qui était allé là pour une réparation. Elle allait être occupée pour un moment. Ensuite, F. est arrivée: cheveux noirs, lunettes sans bord. Elle portait un manteau d'automne couleur saumon. Elle se déplaçait lentement sur des béquilles, cherchant une place libre. J'ai remarqué pour la première fois son unique jambe, chaussée d'un soulier plat et habillée d'un bas. Je n'avais jamais été aussi frappé à la vue d'une personne et je me suis surpris à dire qu'elle était "idéale". Elle avait mon âge, elle était attirante dans son genre et unijambiste. Que trouvais-je idéal? Le membre manquant, ce qu'il y avait sous son manteau ou la combinaison des trois facteurs : la personne, le membre manquant et le moignon? Il y avait un siège libre à côté de moi et F. se fraya un chemin à travers la foule marchant d'un pas ferme mais lent tantôt ralentissant, tantôt avançant avec assurance. Je n'arrivais pas à voir la longueur de son moignon à travers son manteau. Elle est restée en équilibre pour rassembler ses béquilles avant de s'asseoir et de les appuyer sur la chaise. Nous avons parlé brièvement, par politesse. Elle avait un accent de l'Est mais parlait correctement l'anglais. J'ai proposé d'aller chercher des cafés. Lorsque je suis revenu, nous avons discuté comme les étrangers le font. Elle m'a expliqué qu'elle était venue d'un pays communiste pour se faire faire une nouvelle prothèse mais n'en a pas dit beaucoup plus. Je devais partir alors je lui ai demandé si nous pouvions nous revoir. Elle m'a donné le numéro de téléphone de l'endroit où elle logeait puis nous nous sommes quittés. Je n'avais pas appris grand-chose sur elle, sa jambe ou comment elle l'avait perdue. Cependant, j'étais étrangement excité, plus qu'à aucune autre rencontre avec d'autres amputées. C'était peut-être parce que j'allais voir son membre amputé alors qu'habituellement ça n'allait pas au-delà de la conversation.

J'ai appris qu'elle logeait près du centre de rééducation dans un petit hôtel où restaient les gens qui venaient de l'étranger ou d'assez loin pour plusieurs ajustements. Lorsque j'ai appelé F. elle m'a demandé si je voulais qu'on se voie une fois en fin d'après-midi et nous avons fixé une date. A l'hôtel, je me suis installé un moment au salon. F. est arrivée peu après. Elle portait une blouse blanche, une jupe toute bleue. Elle avait à nouveau des cannes anglaises. Nous avons discuté un peu timidement puis F. a rassemblé ses béquilles puis elle a passé une main derrière sa jupe du côté de son moignon et s'est assise. Je n'arrivais toujours pas à deviner la longueur de son moignon. Après avoir posé ses béquilles de côté, elle a croisé ses mains sur ses genoux presque comme le ferait une personne assise les jambes croisées. A part le fait qu'une seule jambe était visible, rien ne suggérait qu'elle était amputée.

Nous avons bu un café et elle m'a parlé un peu d'elle. Elle était venue dans ce pays pour se faire faire une nouvelle prothèse. Elle avait perdu sa jambe à quinze ans à cause d'une possible tumeur au genou. Alors qu'elle grandissait, son moignon la faisait souffrir et elle a demandé une seconde amputation. Cette fois, on l'a amputé beaucoup plus haut. Son moignon ne mesurait que 13 cm et le type de prothèse nécessaire n'existait que dans ce pays. Je ne lui ai pas demandé ce qu'elle ressentait. Durant les mois où nous nous sommes vus nous n'avons jamais parlé de son handicap. Les choses étaient ainsi et nous l'acceptions. Lorsque nous sortions et que F. avait ses béquilles, elle ne semblait pas en être consciente. Par exemple, quand nous attendions le métro elle posait son moignon sur la poignée de ses béquilles pour avoir une main libre. C'était extrêmement érotique à mes yeux mais pour elle c'était simplement sa façon de se tenir. Durant tout ce temps, je ne pensais qu'à voir son moignon. Comment était-il? Qu'est-ce que cela faisait de le toucher ou même de le caresser?

Nous passions notre temps ensemble comme n'importe quels amis. Elle passait beaucoup de temps au centre. Nous sortions le soir ou l'après-midi. Elle se déplaçait toujours avec des béquilles car les ajustements prenaient plus de temps que prévu. L'ajustement était délicat à cause de la longueur de son moignon. Nous n'avons jamais été très proches. Nous avons attendu longtemps avant de nous embrasser brièvement et nous ne nous sommes jamais vraiment caressés. Une fois au cinéma, après qu'elle ait placé ses béquilles sous le siège, j'ai tenté d'explorer le pourtour de son moignon. F. a écarté ma main fermement mais gentiment. Elle ne fit aucun commentaire, ni à ce moment-là ni plus tard mais j'avais compris le message.

Pendant tout ce temps, j'étais tendu. Je n'arrivais pas à prendre une décision. Soit je me résignais à ne jamais pouvoir voir ou toucher son moignon soit je lui dévoilais mon secret. Un jour, pour la première fois depuis notre rencontre, elle portait un pantalon. La jambe vide du pantalon était pliée et l'extrémité glissée dans la taille. Lorsque nous marchions, son moignon bougeait légèrement à chaque pas et malgré la longueur du moignon cela m'excitait énormément. Au moment de se quitter, j'ai failli baisser la main pour agripper son moignon mais je me suis ravisé.

Durant une chaude journée printanière, nous sommes allés aux Kew gardens. Nous nous sommes éloignés de la foule pour nous diriger vers les pelouses. F. enleva son soulier et me le donna pour qu'elle puisse se déplacer librement sur l'herbe fraîche. Nous sommes arrivés à un banc. F. s'assit, mit ses béquilles sur le côté et remonta sa jupe pour exposer sa cuisse au soleil. Je me suis assis sur l'herbe en croyant que son moignon serait visible mais F. prit soin de le garder couvert comme si elle savait ce que j'avais en tête. Durant tout ce temps, je m'interrogeais sur son moignon. J'étais honteux d'être dans une relation platonique alors que j'étais presque en train de comploter pour voir et toucher son moignon. J'ai hésité à lui dire ce que je ressentais. Je craignais que cela ne mette fin à notre amitié. Elle resta au pays et débuta des cours à l'université où elle avait une chambre. Nous sommes sortis manger quelques fois. Une ou deux fois, elle a cuisiné pour nous deux dans sa chambre. A ce moment-là, nous étions devenu plus proches et nous ne passions plus de temps à nous embrasser même si je ne lui ai jamais touché les seins ou quoi que ce soit. Un jour, elle était assise sur le lit et j'étais agenouillé en face d'elle. Tentant le tout pour le tout j'ai glissé ma main sous sa jupe puis sur sa cuisse. Comme cela n'avait pas l'air de la déranger, j'ai déplacé ma main pour toucher son moignon. F. tressaillit légèrement mais ne s'éloigna pas. Alors je l'ai caressé plus ferment en promenant mes doigts sur toute la longueur de la cicatrice. J'ai remarqué que sa jambe était froide. Elle m'a répondu que c'était un peu l'impression qu'elle avait même si elle ne le ressentait pas toujours. J'ai su qu'elle n'était nullement offensée et qu'elle avait accepté mes caresses. J'ai exploré un peu plus. Il y avait un large porte-jarretelles qui pendait librement sur le moignon. Il allait avec le bas qu'elle portait à l'autre jambe. Elle m'a dit que cela l'aidait à tenir sa prothèse lorsqu'elle la portait même si ce n'était pas d'un très grand secours. Je n'ai pas osé insister plus sur le moignon pour ne pas l'offenser mais je savais que je pourrais toucher à nouveau son moignon.

Sachant cela, j'aurais pu rapidement renouveler l'expérience et profiter pleinement de notre relation. J'étais persuadé qu'elle m'aurait suivi. Cependant, j'hésitais toujours à lui dévoiler mes véritables intentions. Pourquoi fallait-il toujours que je passe par cette phase? Est-ce parce qu'un rêve paraît toujours plus beau lorsqu'il n'est pas encore réalisé?

Il fallait que j'agisse car F. allait bientôt quitter le pays et mes chances de la revoir étaient très faibles. Le dernier soir, j'ai pris une chambre à l'hôtel car je savais qu'elle devait revenir chez elle d'ici la fin de la soirée. F. était sobrement habillée d'un tailleur deux pièces sur une blouse blanche. Elle n'avait pas mis sa prothèse et se déplaçait comme à son habitude avec ses béquilles. Nous avons discuté à l'hôtel mais la conversation était difficile car c'était notre dernier soir ensemble. F. a enlevé sa veste et nous nous sommes caressés. Toujours habillé, je me suis mis sur elle et elle a dû sentir à quel point j'étais excité. Finalement, je lui ai demandé de relever sa jupe pour que je puisse embrasser son moignon. Elle consentit facilement et sans gêne mais d'un air détaché souleva sa jupe pour dévoiler presque tout son moignon. Elle leva ensuite son moignon pour que je puisse y déposer un bref et léger baiser. C'était peu comparé à l'excitation que je tentais de contenir. J'ai gentiment tenu son moignon entre mes mains puis j'ai légèrement embrassé la cicatrice sur toute sa longueur avant de lâcher prise. Je n'ai pas regardé. Elle a abaissé son moignon et je l'ai aidé à ajuster sa jupe. Nous n'avons pas dit grand-chose sachant qu'il était temps de se quitter. Nous nous sommes embrassé intensément. F. m'a serré contre elle frottant passionnément son moignon contre ma cuisse. J'aurai dû réagir à ce signal mais je ne l'ai pas fait. Je me suis calmé et nous sommes sortis. Nous nous sommes serrés la main et s'était fini. Je ne l'ai jamais revu.

Je me rappelle plus de ce que nous avons presque fait plutôt que ce que nous avons vraiment fait. Je n'ai aucun souvenir de la forme de son moignon, de sa texture ou de son apparence lorsqu'elle avait sa prothèse. J'ai en tête des images très vivides de la première fois que je l'ai vue, de la fois où elle portait ce pantalon avec la jambe vide, lorsqu'elle sautillait avec en faisant à manger. Je me rappelle aussi de nos nombreuses promenades et de sa démarche d'unijambiste. Que dire? F. avait perdu sa jambe mais avait gardé sa virginité. Cependant, il avait bien dû se passer quelque chose en elle durant notre relation. Son innocence? Quand je la regardais avec mes yeux de fervent je lui volais quelque chose. Sans qu'elle le sache, je lui volais son innocence. Ou peut-être qu'après tout elle savait ce que je pensais et recherchais? Ca n'avait pas l'air d'être le cas mais elle jouait peut-être le jeu de son côté. Est-ce pour cela qu'elle portait rarement sa prothèse? Pour que l'objet de notre relation reste caché? Aimait-elle l'attention d'un fervent tout en étant incapable de briser la magie de l'adoration? Voulait-elle, comme moi, éviter que la passion ne disparaisse? Je ne le saurai jamais.

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